Découvrir l’Europe centrale en train, voilà l’objectif de ce voyage au long cours. Si tu lis régulièrement ce blog, tu connais mon amour pour ses échappées ferroviaires à bord de trains grandes lignes, à naviguer de pays en pays pour explorer ce qui se passe juste à côté de chez nous, en Europe. Dans ce guide pratique, tu trouveras toutes les informations utiles pour partir, toi aussi, à la découverte de l’Europe centrale et des Balkans en train.
Pourquoi et comment rejoindre l’Europe centrale en train ?
Pas besoin de prendre l’avion pour visiter Budapest, Berlin, Prague, Bratislava ou Zagreb. Ces 5 capitales européennes sont facilement accessibles en train depuis la France. Et souvent, les tarifs défient toute concurrence. Désormais pour rejoindre Berlin, un train de nuit (qui ne fonctionne pas toujours très bien) et un ICE direct desservent la capitale allemande depuis Paris. Tu peux trouver des billets à partir de 29€00.
Une fois à Berlin, le réseau ICE et les trains Intercity/Eurocity offrent des connexions faciles avec Prague, Budapest et Bratislava (des trains directs partent quotidiennement de Berlin vers l’Europe centrale).
Depuis Paris ou Lyon (avec correspondance à Dijon), le TGV Lyria permet de rejoindre Zürich, qui offre ensuite des connexions avec Bratislava, Prague ou Zagreb.
Enfin, le train de nuit Paris-Vienne est également une bonne option pour voyager vers le centre de l’Europe. Grâce au train de nuit, il est possible de se rendre à Budapest, Prague ou Bratislava pour moins de 60 euros l’aller (départ depuis Paris). Donc autant en profiter !

Comment j’ai préparé ce rail trip vers l’Europe centrale et les Balkans ?
Tout a commencé, comme souvent, par un séjour à Berlin. J’ai profité de ce voyage pour construire un itinéraire en train en Europe centrale. J’ai regardé les villes européennes accessibles par le rail depuis la capitale allemande : Prague, Vienne, Bratislava, Budapest, le choix était plutôt large.
Grâce au réseau Intercity/Eurocity, il est possible de se déplacer facilement en train entre de très nombreuses capitales européennes. Pas de grande vitesse, mais un réseau étendu de trains grandes lignes très bon marché. De quoi explorer facilement l’Europe sans trop dépenser. Encore une fois pour ce voyage, j’ai choisi de ne pas utiliser le Pass Interrail, beaucoup plus cher en définitive que d’acheter des billets séparément auprès des différentes compagnies. Interrail, ce n’est pratique que si tu ne prévois pas tes étapes à l’avance et que tu ne sais pas quels jours tu vas voyager.

Comme j’avais déjà été à Prague avec le train depuis Berlin, j’ai préféré visiter Bratislava cette fois-ci. La capitale slovasque est accessible en Intercity avec correspondance par la capitale tchèque. Puis nous avons continué par Budapest, Zagreb et Split, avant de remonter vers la Slovénie et l’Italie en bus et ferry.
Trouver les meilleures connexions et offres avec Rome2Rio ou Trainline
Comme d’habitude, pour identifier les compagnies les plus intéressantes et les trajets les plus appropriés, j’ai commencé mes recherches en utilisant les sites web The Trainline et Rome2Rio. Ces outils ont l’avantage de comparer les itinéraires de multiples transporteurs, au-delà des opérateurs nationaux traditionnels. Et en plus, ils affichent de nombreux tarifs, souvent plus compétitifs que ceux proposés par SNCF Connect à l’international, où les prix sont quasi systématiquement plus élevés.
Et puis ensuite, je suis allé acheter directement mes billets sur les sites des compagnies nationales. Attention, la compagnie ÖBB vend de nombreux billets à bord des trains tchèques, hongrois ou croates à des prix souvent 2 fois plus élevés que le tarif normal. La plupart du temps, la compagnie croate Hrvatske željeznice, la compagnie hongroise MÁV-HÉV Helyiérdekű Vasút ou l’opérateur tchèque České dráhy (ČD) ne mettent à la vente les billets pour les trains Intercity/Eurocity que 2 mois l’avance. Tu peux réserver plus tôt grâce à ÖBB, mais tu paieras systématiquement plus cher !

Quelles sont les étapes de ce voyage en train en Europe centrale et dans les Balkans ?
Nous avons choisi de rallier la mer Manche à la mer Adriatique en traversant l’Europe centrale et certains pays des Balkans. Ce n’est évidemment pas la liaison la plus directe, mais le trajet choisi permet de visiter 7 pays européens en train, bus et ferry : la France, l’Allemagne, la Slovaquie, la Hongrie, le Croatie, la Slovénie et l’Italie.
Voici les différentes étapes de ce railtrip :
- Montpellier – Le Havre en TGV et TER via Paris
- Le Havre – Berlin en TER, train de nuit (annulé) et malheureusement avion
- Berlin à Bratislava en train Intercity
- Bratislava à Budapest en train Intercity
- Budapest à Zagreb en train Intercity
- Zagreb à Split en train local
- Split à Zadar en bus
- Zadar à Pula en ferry
- Pula à Porec en bus
- Porec à Koper en bus
- Koper à Trieste en bus
- Trieste à Trévise en train
Etape 1 : le Havre et la Normandie
Depuis Paris, la Normandie est facilement accessible en TER Nomad au départ de la gare de Paris Saint Lazare. Le trajet jusqu’au Havre dure à peine plus de 2 heures et en réservant à l’avance, tu peux trouver un billet à partir de 16€. Les trains Krono+ sont confortables, équipés de prises et du WIFI à bord depuis le portail wifi.normandie.fr. Tu peux retrouver toutes les infos sur les TER de la région Normandie sur le portail SNCF dédié.

1 semaine entre le Havre, la Côte Fleurie et la Côte de Nacre
J’ai commencé ce séjour par un week-end inoubliable au Havre que je découvrais presque pour la première fois. Ma dernière visite remontait à l’enfance et les souvenirs étaient totalement effacés de ma mémoire. L’architecture d’Auguste Perret donne une dimension incroyable à cette ville béton qui se visite facilement en 2 jours. Et quand le soleil est de la partie, c’est encore mieux…
Nous avons poursuivi le voyage en direction de Ouistreham pour découvrir la Côte de Nacre et les plages du débarquement. Avec un petit détour aussi par Cabourg pour avoir un joli aperçu de la Basse Normandie en version côtière.
Etape 2 : Berlin en train de nuit (ou pas)
Nous devions prendre le tout nouveau train de nuit Paris – Berlin, mais l’histoire en a décidé autrement. Le matin du départ, le train est annulé ! La locomotive est tombée en panne à Francfort-sur-le-Main. Au dernier moment, aucun moyen de trouver une solution de rechange, ce sera l’avion…
Dommage car en réservant à l’avance sur le site de ÖBB Nightjet, il est possible de trouver un place couchette dans un compartiment de 6 personnes pour 49,00€. Imbattable ! La compagnie autrichienne propose 3 départs par semaine, dans le sens aller et retour. Départ à 19h12 de la gare de l’est et arrivée à Berlin Hauptbahnhof à 9h16.

1 semaine à Berlin au printemps
Je trouve qu’une semaine pour visiter Berlin est vraiment une durée idéale. On peut prendre son temps, découvrir plusieurs facettes de la ville, faire du vélo, sortir en club. Le Landwehrkanal est un bon point de départ pour explorer la capitale allemande en débutant à Tiergarten et en redescendant en direction de Berlin Kreuzberg. En chemin, tu dois notamment t’arrêter devant la philharmonie et la Shell Haus. En arrivant à Kreuzberg, on profite du charme du quartier ancien aux abords du Paul-Lincke Ufer.
Etape 3 : Bratislava, micro capitale au coeur de l’Europe
2 trains Eurocity avec correspondance à Prague permettent de rejoindre Bratislava en un peu plus de 8 heures depuis Berlin. Si cette fois-ci, Prague n’était pas au programme, je l’avais déjà visité en train depuis la capitale allemande il y a quelques années. Si vous le pouvez, prévoyez 3 ou 4 jours pour découvrir cette ville au patrimoine historique incroyable. Pour un Bratislava – Budapest, il faut compter environ 35€ en seconde classe, en réservant à l’avance directement sur le site de DB Bahn ou MÁV-HÉV Helyiérdekű Vasút.

La capitale slovaque en quelques jours
Avec ses airs de villes de province, Bratislava est une capitale européenne discrète qui se découvre à pied. Tranquille, à taille humaine et remplie de charme, elle s’agite la nuit, grâce aux nombreux étudiants venus passer un an en Erasmus dans les universités de la ville. J’ai découvert Bratislava sous le soleil printanier et j’ai immédiatement accroché avec son caractère très slave et son très joli centre historique.
L’énorme avantage de Bratislava, c’est qu’elle se visite en un week-end. Juste le temps d’un très bel aperçu qui mène évidemment aux portes du château et ses jardins baroques très photogéniques. La vue plonge sur le Danube, le Novy Most et au loin la promenade Eurovea et son quartier moderne. Dans le cœur de ville ancien, une balade depuis la vieille porte Saint-Michel mène à la place centrale (Hlavné námestie), puis à la promenade Hviezdoslavovo et au théâtre national de Slovaquie.
Etape 4 : Budapest à pied et à vélo
Seules deux petites heures séparent Bratislava de Budapest par le train. Et l’aller simple en seconde classe coûte 15 ou 20 euros à peine ! A condition de réserver en direct sur le site de la compagnie nationale hongroise MAV-START. Attention, ÖBB propose aussi des billets sur ce trajet, mais vendus deux fois plus cher. Tu arrives dans la très belle gare Art-Déco de Nyugati, au nord du centre historique.

Découvrir Budapest à deux roues
Budapest me faisait rêver depuis très longtemps et j’ai eu la chance de la découvrir une première fois pour Noël, puis l’an dernier au printemps. La ville affiche un tout autre visage et s’explore volontiers en vélo, sous le soleil, le long des quais ou dans ses innombrables parcs et jardins. Je te recommande un itinéraire le long du Danube, en remontant vers la fantastique île de Margit, puis en traversant Lőportárdűlő jusqu’au Városliget et ses célèbres thermes Széchenyi. Redescend ensuite vers la ville par les petites ruelles parallèles à l’avenue Andrassy, les Champs-Elysées locaux.
Etape 5 : escale à Zagreb, la capitale croate
1 train quotidien relie la capitale hongroise à Zagreb. Il part tous les jours à 15h35 de la gare de Budapest Deli et arrive à Zagreb dans la soirée, à 22h. Attention, il n’est pas tout à fait direct. Le franchissement de la frontière entre la Hongrie et la Croatie s’effectue à bord d’un bus, pour embarquer dans un nouveau train en direction de Zagreb. En effet, la frontière est partiellement fermée, la faute à des désaccords sur des questions migratoires entre les deux pays. Le billet en seconde classe coûte 46€ en réservant sur le site de la compagnie hongroise MAV-START.

Premières impressions de Zagreb
Les plaies du séisme de 2020 sont encore bien visibles à travers tout Zagreb qui amorcent une lente reconstruction, forte d’une résilience qu’on lui a toujours connue. Au printemps 2024, je pouvais encore observer les traces du séisme sur de nombreux édifices de la vieille ville. Aujourd’hui, plusieurs musées et centres culturels sont encore fermés, le temps de la réhabilitation.
Zagreb n’est pas une ville qui se laisse saisir facilement. Toujours en pleine émulation, elle laisse une impression de fourbis incessant et son charme ne se dévoile pas à chaque coin de rue. Mais elle possède un riche patrimoine architectural et un style austro-hongrois aux antipodes des autres régions de Croatie.

Etape 6 : Split et la côte de l’Adriatique
Le train n’est pas le moyen le plus rapide pour rejoindre Split depuis la capitale croate. Il faut compter 8 heures en train régional, mais la route en vaut la peine. Le chemin de fer traverse les montagnes du centre du pays pour rejoindre la côte Adriatique. Il existe seulement 1 train direct chaque jour, départ à 13h58, arrivée à 21h54. Comptez 15€ le billet en seconde classe, en vente sur le site de la compagnie croate HZPP.

Split, Zadar et les îles
Split est une ville absolument magique, avec son style vénitien et les vestiges de l’impressionnant palais de Dioclétien. Malgré la foule omniprésente dans tous les quartiers de la vieille ville, Split possède un pouvoir d’attraction hors du commun et offre un véritable voyage dans le temps.
Depuis Split, il est possible de rejoindre Zadar en bus local. Cette très charmante ville fortifiée vaut le détour pour quelques jours, avec une échappée dans l’une des îles de l’archipel. Nous avons choisi Ugljan, la plus proche des côtes et aussi l’une des moins fréquentées.

Pula et l’Istrie
Il est facile de rejoindre Pula en ferry depuis Zadar, à travers les îles de l’Adriatique. Les anciennes arènes de cette antique cité romaine sont imposantes. Et les petites criques qui bordent la ville valent souvent le détour, même pour la plongée.
Nous sommes remontés à travers l’Istrie en bus pour nous arrêter à Porec, une très belle cité de style vénitien posée sur un petit îlot en bord de mer. Une jolie étape avant de rejoindre la Slovénie.
Etape 7 : la côte slovène à vélo
Il n’y a plus de ligne de chemin de fer entre la Croatie et la Slovénie, elle a été reconvertie en voie verte il y a quelques années. La Parenzana est une incroyable véloroute qui relie les villages de la côte slovène et corate entre Koper et Porec.
Nous avons choisi de la parcourir dans sa partie slovène entre Koper et Piran, le temps d’une très belle échappée à deux-roues, sous le soleil de l’Adriatique. Les paysages sont incroyables et les villages et petits ports de pêche aussi. C’est une option idéale pour découvrir cette région de la Slovénie en mode slow, en quelques jours.

Etape 8 : cap sur Trieste
Moins d’une heure de bus séparent Koper en Slovénie de Trieste en Italie. La capitale de la région Frioul-Vénétie Julienne s’étend sur plusieurs collines au bord de la mer Adriatique. Son corso spectaculaire offre à voir de superbes exemples d’architecture italienne et vénitienne, notamment autour du Grand Canal et de la piazza Unità d’Italia.

Étape 9 : dernière soirée à Trévise
L’aventure en train s’achève à Trévise, petite sœur méconnue de Venise, plus calme, plus authentique, plus discrète aussi. On avait prévu de dormir à Venise, mais les prix exorbitants des logements sur place nous ont obligé à changer nos plans. Ce sera donc Trévise, pour notre plus grand plaisir, le temps d’une journée, avant de remettre les voiles vers la France.
Combien coûte un voyage en train de France vers la Croatie par l’Europe Centrale ?
Je te propose un budget moyen pour un voyage en train en Europe centrale comprenant uniquement les transports et les logements. Nous sommes partis 6 semaines en tout, dont environ la moitié des nuits en échange d’appartement.
Billets de train : quel budget prévoir ?
En Europe centrale, le train est généralement très bon marché. Pour ce voyage, j’ai encore une fois choisi de faire l’impasse sur le pass Interrail, comme je connaissais mes dates de voyage en avance, j’ai acheté tous mes billets séparément sur les sites de différentes compagnies.
- Montpellier – Paris en Ouigo : 29€
- Paris – Le Havre aller-retour en TER : 32€
- Paris – Berlin en train de nuit : 59€ en couchette
- Berlin – Brastislava en train Eurocity : 35€
- Brastislava – Budapest en train Eurocity : 15€
- Budapest – Zagreb en train Intercity : 45€
- Zagreb – Split en train locale : 15€
Il faut donc compter environ 230 euros en billets de train pour le trajet de la France à la Croatie via l’Europe centrale. Ce tarif ne comprend pas les liaisons locales en bus et ferry pour traverser la Croatie et la Slovénie.

Quel coût pour l’hébergement dans les différentes villes étapes ?
Encore une fois au cours de ce voyage, j’ai énormément utilisé la plateforme Home Exchange pour réduire le budget. J’ai trouvé des logements à Berlin, Budapest, Split, Pula et Trieste.
Dans les autres villes, j’ai logé dans les appartements en AirBnb pour environ 50 à 60 euros la nuit. Soit un budget moyen total de 700€ pour ce voyage.
Combien de temps prévoir pour voyager en train jusqu’à la mer Adriatique et les Balkans ?
Il faut compter environ 36 à 40 heures de trajet pour relier Le Havre à Split en train en fonction des escales choisies. Si tu pars de Paris, sans passer par le Normandie, comptez 5 à 6 escales jusqu’à Split avec un minimum de 2 jours par ville traversée. En théorie, ce voyage peut s’effectuer en 12 à 15 jours environ, puis il faut compter au minimum une semaine à 10 jours pour remonter la côte croate et rejoindre la Slovénie et l’Italie. 3 à 4 semaines minimum sont nécessaires pour ce voyage en train en Europe centrale.

Que mettre dans son sac à dos pour découvrir l’Europe centrale et les Balkans en train ?
Si comme moi, tu voyages en Europe centrale et dans les Balkans au printemps, tu devras prévoir des tenues pour supporter les températures parfois encore un peu fraîches de l’Allemagne et de la Slovaquie. Mais généralement, la saison est plutôt douce et plus tu descends vers la Croatie, plus les températures augmentent. En mai, je me suis baigné en Croatie, dans une eau à 18°C. Certaines journées, le thermomètre affichait jusqu’à 28°C en Croatie et en Italie.
Voici ma check list sac à dos pour ce voyage :
- 1 pantalon type jean ;
- 1 jogging ;
- 1 short ;
- 1 chemise à manches longues ;
- 7 t-shirts ;
- 7 paires de chaussettes et 7 caleçons ;
- 1 paire de baskets ;
- 1 paire de chaussures de rando ;
- 1 pull et un sweat de sport ;
- 1 vêtement de pluie ;
- De la crème solaire ;
- Un maillot de bain
- 1 paire de lunettes de soleil ;
- 1 batterie portable pour recharger tes appareils électroniques.


