U Trinichellu : d’Ajaccio à Ponte Leccia par les montagnes corses
En embarquant à bord de l’autorail AMG 800 qui quitte chaque jour Ajaccio à 7h43, les voyageurs partent à la rencontre des villages de montagne du centre de l’île, en passant par l’impressionnante vallée de la Gravona.
A vitesse lente, le Trinichellu gravit la montagne dans un décor vertigineux pour atteindre l’incroyable pont ferroviaire de Vivario, une véritable prouesse d’architecture ferroviaire signée d’un certain Gustave Eiffel. A 80 mètres au-dessus du vide, le train surplombe le Vecchio en offrant aux voyageurs un point de vue imprenable sur cette région isolée de Corse.

A environ 1000 mètres d’altitude, le train franchit ensuite le tunnel de Vizzavona, long de 4 kilomètres et poursuit son voyage entre villages et montagne, pour rejoindre Corte, la capitale culturelle de l’île de Beauté. Le train fera son terminus en gare de Ponte-Leccia, où il est possible de changer de train pour Bastia à l’est et l’Île Rousse à l’ouest.
Corte : porte d’entrée vers la Restonica
Corte est située à proximité de l’une des plus belles vallées de montagne de Corse : la Restonica. Une navette au départ de la gare permet de rejoindre les portes de la vallée en 45 minutes. De nombreux itinéraires de randonnée parcourent ensuite ce Grand Site de France, notamment vers les lacs de Melo et Capitello.

Tain Corse : de l’Île Rousse à Calvi le long de la mer
Pour découvrir les plages de la Balagne, rien ne vaut le kayak ! Non, je rigole, préférez le train corse, le tramway des plages comme l’appellent les habitants et les touristes. On l’entend siffler au loin, alors qu’il file doucement le long du littoral en traversant plages et petits villages, au rythme de minuscules haltes ferroviaires où le conducteur ne s’arrête qu’à la demande. N’oubliez pas de faire signe pour ne pas rester seul à quai. A côté des trains modernes, circulent encore sur la ligne quelques rames vintage des années 1980 qui embarquent étudiants, estivants et habitants jusqu’à Calvi, son terminus.

Durant le week-end d’avril à octobre, les voitures sont souvent bondées de passagers en quête de belles plages et de jolis coins de baignade. Il faut parfois jouer des coudes pour se faire une place. On voyage debout, entre deux voitures ou assis sur les marches entre les compartiments.
Au départ d’Île-Rousse, le tremblotant circule le long d’une voie unique au pied des montagnes, avec sur sa droite (dans le sens de la marche) un panorama presque infini sur la Grande Bleue. Le fenêtre du train se transforme alors en écran de cinéma, offrant une découverte inoubliable des plus belles plages de la région. Une véritable invitation à l’évasion et aux vacances, où le bleu du ciel rencontre le bleu turquoise de la mer.

Bodri, Ghjunchitu, Aregno, Sainte Restitude, le micheline saute de plage en plage en passant par la discrète gare de Camp Raffalli, point de départ du célèbre GR20. Ici descendent tous les randonneurs près à partir à l’assaut d’un des sentiers de randonnée les plus mythiques de France. Pour les autres, la route continue en direction de Calvi.
La voie ferrée traverse alors une pinède infinie et conduit le train au plus près du sable, flirtant littéralement avec la mer et les bars de plage qui s’alignent nombreux, jusqu’aux portes de la cité balanine. Puis au loin, on aperçoit bientôt la citadelle de Calvi qui annonce le terminus prochain du train. Un final spectaculaire pour un voyage qui l’est tout autant.
Découvrir les plus beaux monuments de Calvi
Calvi est certainement la plus belle cité littorale de la Balagne. La balade débute le long du quai Landry et sa myriade de terrasses ensoleillées, où l’on peut profiter d’un panorama incroyable sur la mer, la montagne et la citadelle de Calvi. On grimpe ensuite jusqu’à la cathédrale Saint-Jean-Baptiste, un chef-d’œuvre de style baroque. De retour dans la ville basse, on découvre l’église rose pastel emblématique de la ville : Sainte-Marie-Majeure.

Découvrez cette aventure dans mon dernier livre
[Cet article est un extrait de mon dernier livre]. Après 5 années sur les routes avec mon micro, j’ai raconté des dizaines d’histoires de voyage et d’aventure en France et sur les rails. Et bien figurez-vous que ces rencontres dans des trains, au bord d’un quai ou durant mes pérégrinations dans l’Hexagone vont faire l’objet d’un livre paru chez Vagnon !

Dans ce livre, tous les voyages en train sont des expériences que les usagers ne connaîtront nulle part ailleurs. Le voyage est déjà dans la rame ! Parce que prendre un train, parfois, ce n’est pas simplement aller d’un «point A» à un «point B». C’est aussi découvrir un patrimoine ferroviaire historique toujours plus surprenant, s’endormir dans une couchette pour se réveiller le lendemain dans un autre pays, déguster un bon repas ou même simplement traverser des paysages fabuleux, avec des points de vue uniques que seuls les wagons vous offrent.



