La verticale de l’ouest : carnet de voyage en France

La verticale de l’ouest, c’est le récit d’un road trip à la découverte de la France, le long des côtes de la Manche et de l’Atlantique. De la Normandie à la côte d’Emeraude, de la Loire Atlantique à la Rochelle, du Bassin d’Arcachon à Biarritz, (re)découvrez l’Hexagone à travers une sélection d’histoires de voyages tirées de mon carnet de bord #EnFranceAlOuest.

Mettre le cap à l’ouest pour explorer la France

Je crois que la dernière fois que suis parti pour un véritable voyage en France, je devais avoir 16 ans. C’était dans les châteaux de la Loire, à bord de la Renault Nevada de mes parents. J’étais passager évidemment, nous faisons du camping. 15 jours en mode itinérant, avec la tente Quechua, le réchaud, les soupes déshydratées, le café soluble. La totale ! Et depuis plus rien, ou presque, enfin si… Des escapades de quelques jours, mais pour les longs voyages, c’était essentiellement à l’étranger, loin, très loin de chez moi…

Au mois de mai de cette année, j’ai donc décidé de reprendre la route dans l’Hexagone. J’ai profité de l’installation d’un ami à Nantes pour mettre le cap à l’ouest. Durant 6 semaines, j’ai choisi d’explorer la façade ouest de la France. Il faut dire qu’excepté la Normandie (où j’ai grandi quelques années) et la Bretagne (où vit une partie de ma famille) je ne connais absolument rien de cette partie du pays. C’est ainsi que se sont dessinés les contours d’un itinéraire côtier à la découverte des Charentes, des Landes, du Pays Basque et des Pyrénées.

Vous reprendrez bien une tranche de côtes normandes ?

Je ne sais pas au juste quel conflit oppose les vagues de la Manche aux falaises de la Côte d’Albâtre, pour que depuis des millions d’années elles se livrent une lutte sans pitié. En Pays de Caux, les falaises de craie reculent à une telle vitesse qu’il a fallu rebâtir par 3 fois le phare du Cap d’Ailly au cours des derniers siècles.

Etretat : étape incontournable de road trip en Normandie

Les valleuses du Pays de Caux

A Varengeville-sur-Mer, on plonge en un instant des prairies à la mer. Quelques mètres séparent les fermes normandes des plages de galets, que le ressac fait rouler avec force au pied des falaises qui dominent la mer. Dans le creux de ces géants de calcaire, des valleuses étroites et sinueuses ont taillé nombre de passages secrets ouvrant l’accès à la mer. On les traverse le plus souvent à pied, le temps d’une marche merveilleuse comme celle qui passe par le bois des Moutiers.

Que la Manche est belle au printemps. Quand disparaît l’écume, les flots habituellement émeraude laissent place à des teintes turquoise et azur. Elles nous transportent loin, très loin de la Normandie, dans un autre hémisphère et sous d’autres latitudes.

Découvrir le Pays de Caux en road trip

Les lumières d’Etretat

A 70 kilomètres plus à l’ouest, j’ai voulu retourner sur les traces de mon enfance. Durant les week-ends d’été, j’avais l’habitude d’aller me baigner en famille sur les plages d’Etretat. Je me souviens d’un jour où nous avions failli nous faire prendre par la marée, alors que nous randonnions sur le sentier littoral, en bas des falaises.

Au coucher de soleil, les lumières sur la porte d’Aval sont fantastiques, mais ne suffisent pas à raviver les images du passé. A marée haute, on ne peut qu’emprunter le chemin des Douaniers qui surplombe la Manche. La soirée est idéale et le ciel si dégagé, que l’on voit sans difficulté au-delà du cap d’Antifer. Je suis en suspension, le temps n’existe plus, je n’ai d’yeux que pour elles, les fantastiques falaises d’albâtre de Normandie.

Escale à Villerville

Sur la Côte Fleurie, j’ai séjourné dans la maison de Céline, à Villerville. C’est une superbe demeure normande que cette artiste parisienne et son mari ont entièrement rénové il y a deux ans, avec énormément de goût. Depuis la fenêtre de ma chambre, je vois la Manche et le port du Havre. Dans la crique de Rouen, l’estuaire de la Seine atteint par endroit près de 20 kilomètres. Autrefois, la bourgeoisie havraise embarquait sur un paquebot à vapeur pour faire la traversée jusqu’à Trouville. Aujourd’hui, on emprunte plus volontiers l’impressionnant pont de Normandie qui enjambe le fleuve entre Honfleur et le Havre.

Villerville connut son heure de gloire dans les années 1960, grâce au film d’henri VerneuilUn Singe en Hiver” qui fut en grande partie tourné dans cette cité de caractère de la Côte Fleurie. Depuis le guetteur, j’ai une vue sur l’incroyable plage des Bains. En cette période de grandes marées, de nombreux villervillais s’adonnent à la pêche à pied sur l’estran, espérant cueillir coques, praires et palourdes.

Vers midi, j’ai rendez-vous au Bistrot Fleuri, où un couple d’irlandais prépare un fish and chips à tomber par terre. Le meilleur de tout le Pays d’Auge parait-il, et ce n’est pas moi qui vous dirai le contraire. Elle est belle la vie sur les côtes normandes…

Villerville : cité de caractère en Normandie

Demain dès l’aube au Mont Saint Michel

Dans la brume de l’aube, le Mont Saint-Michel semble surgir des profondeurs. Mille vapeurs donnent au rocher sacré d’incroyables teintes bleutées et violacées. J’ai le coeur qui bat, j’approche à grand pas dans la crainte de ne pas être là lorsque l’astre solaire éclairera de ses premiers rayons le sommet du mont.

J’ai d’abord trouvé le Mont Saint-Michel bien trop petit. A l’entrée du pont passerelle, ses proportions semblent ridicules, comparées à l’image que je m’étais construite durant les 30 dernières années. A marée basse, cette forteresse de la Manche flotte élégamment au milieu des sables mouvants qui engloutissent parfois les randonneurs imprudents.

Un temps abbaye puis prison, le Mont Saint-Michel fut ravagé par les flammes au XIXe siècle, avant de connaître une véritable renaissance avec la construction de la digue-route et la pose de la célèbre statue de l’archange Saint-Michel en 1897.

Road trip en Normandie : le Mont Saint Michel

A cette heure matinale, la Grande Rue est encore presque totalement déserte. Seules quelques camionnettes livrent les restaurants et commerçants du village. Alors que le four à bois de la Mère Poulard est encore éteint, nous grimpons jusqu’aux portes de l’abbaye, par le chemin de ronde. Le panorama y est absolument magique. Vers 9 heures, nous prenons un café à la Nouvelle Terrasse, assistant sans le vouloir à un exercice des pompiers, encore traumatisés par le récent incendie de Notre-Dame de Paris.

Les premiers touristes affluent par petites vagues, déposés en groupe par les curieuses navettes qui font la traversée jusqu’aux portes du Mont Saint-Michel.

Si la Bretagne était d’émeraude

Ce qui m’a profondément marqué en Bretagne, c’est cette lumière à la fois vive et dure, aveuglante et chatoyante, éclatante et réconfortante. Entre terre et mer, sur la route qui mène à Cancale, les vibrations bretonnes semblent s’estomper à la faveur de paysages maritimes qui surpassent, pour beaucoup, les plus beaux lagons de l’océan Indien. Je profite d’un magnifique dimanche printanier pour découvrir le Havre de Rothéneuf et l’Anse du Guesclin avec quelques amis.

Carnet de voyage dans l'ouest de la France

J’ai pour la Bretagne un attachement fort. Je crois que c’est le plus beau pays du monde.

Michel Serres in Zadig

Les sportifs ont rendez-vous à Saint-Coulomb

Aujourd’hui à Saint Coulomb, c’est jour de triathlon. Au programme : cyclisme, course à pied et natation en combinaison dans une eau à 14°C (16°C selon les organisateurs). Pour ma part, j’ai plutôt envie de prendre mon temps. Il faut bien dire que les paysages qui s’étendent de part et d’autre de la Pointe du Grouin invitent plus volontiers à l’oisiveté ou la rêverie, qu’à la performance et la vitesse.

Déjeuner à Cancale

Nous atteignons Cancale environ à l’heure du déjeuner. Cette cité emblématique de la Côte d’Emeraude est bien connue pour ses huîtres, quasiment élevées au rang de légende locale. Ainsi, un déjeuner à la mode cancalaise se compose le plus souvent d’un plateau de fruits de mer accompagné d’une ou plusieurs bouteilles de vin.

Découvrez Cancale en Bretagne

 

A Cancale, l’eau de la Manche me rend fou, car elle possède une couleur tout à fait sidérante. Émeraude aux reflets bleutés, puis vert opaline, presque violette sur la ligne d’horizon. Au loin, dans la brume marine et les vapeurs solaires, on devine la silhouette majestueuse du Mont Saint-Michel. Un vrai bonheur… pas comme à table où nous sommes tombés sur un restaurant attrape-touriste. Le chef ne savait même pas préparer une simple moule marinière…

Village sur la côte bretonne

Saint-Suliac au couchant

En laissant derrière vous la côte pour retrouver la Rance, vous croiserez avec certitude la route de Saint-Suliac. Perché sur les hauteurs de la Ville Neuve, je me régale du panorama sur le clocher de l’église, les pâturages et l’estuaire. Sur le ponton face au bistrot de la Grève, les gamins du village de chôment pas. Ils se jettent tête la première dans les eaux fraîches du fleuve. Le soleil déjà se couche et une nouvelle journée sur les côtes bretonnes s’achève.

Un 1er mai à Nantes

Jeudi 1er mai, alors que Gilets Jaunes et syndicalistes manifestent sur la place du Commerce, je découvre Nantes accompagné d’un enfant du pays fraîchement rentré au bercail. Quelques échauffourés ont éclatés dans la métropole, mais suffisamment loin de nous pour qu’on n’y prête même pas attention. 

Allez donc faire du lèche-vitrine ailleurs !

Aujourd’hui nous faisons la tournée des immanquables : le Bouffay, la cathédrale, le château… Nous promenons dans le jardin de la Psalette, une enclave de verdure dissimulée derrière Saint-Pierre-et-Saint-Paul, autour d’un splendide manoir du XVe siècle.

Comme nos grand-mères autrefois, nous aurions bien crébilloné, histoire de faire des folies sous les arcades du passage Pommeraye. Mais aujourd’hui dans la galerie, les statues tirent la tronche. Les allées sont désertées, les grilles tirées, toutes les boutiques de la rue ont baissé le rideau. Même dans l’antre du shopping et du luxe nantais, on ne transige jamais avec le 1er mai.

Les contours des arcades, qui sont flous, cette végétation palustre, l’humidité, les teintes opalines et glauques situent assez bien le passage Pommeraye dans les paysages abyssaux de Vingt Mille Lieues sous les mers, où les scaphandriers, guidés par le capitaine Nemo, vont chasser tortues et requins entre les colonnades de l’Atlantide submergée.

André Pieyre de Mandiargues 

Passage Pommeraye

Thé à la Cigale et balade sous les arbres

Rendez-vous place Graslin, face à l’opéra, où nous avons réussi à dégoter une table à la Cigale. Ce célèbre bistrot Art Nouveau fut le QG des surréalistes, Prévet et Breton y avaient leurs habitudes. Le décor intérieur de la brasserie m’a fait forte impression. Juste splendide, il fut conçu par Emile Libaudière. La Cigale est un lieu emblématique de la ville, aujourd’hui totalement associé à l’esprit du chic nantais.

Nous poursuivons la balade sous les arbres taillés au cordeau du cours Cambronne. Des paysagistes, véritables as de la taille, donnent à la cime des arbres une forme cubique sans défaut. L’harmonie pourrait être parfaite si cette gamine au regard malicieux ne tentait pas de descendre de son piédestal, aux yeux et à la barbe du général.

Découvrir le voyage à Nantes

Rendre la ville aux habitants 

Lors de mon séjour en Loire Atlantique, mon ami nantais me confiait que Nantes était la seule ville qu’il connaissait qui avait réussi à sortir du tout fonctionnel. Partout dans l’espace public, on ressent bien la place laissée à la contemplation, à la rêverie, à l’amusement. Quelle autre ville que Nantes aurait ainsi accepté qu’un toboggan géant dévale les fortifications du château d’Anne de Bretagne ?

En descendant la rue Maurice Sibille, vous pouvez rejoindre le quai de la Fosse, au niveau du bras de la Madeleine. En tendant vraiment bien l’oreille, vous entendrez peut-être la rythmique métallique et régulière de l’Éléphant qui arpente chaque après-midi l’esplanade de l’Île de Nantes. Mais ceci est une toute autre histoire…

Dimanche fantastique à Pornic

Fanny* nous a rejoint à la terrasse d’un café sur le quai Leray. De retour dans la région nantaise après plusieurs années à voyager autour du monde, cette pornicaise pure souche a décidé de revenir au pays. Elle raconte avec humour comment ses trois enfants, habitués à arpenter les rues asiatiques pieds nus, ont dû s’adapter à la vie en France.

Au marché

Nous remontons la rue de l’Eglise en direction des halles de Pornic. Le marché dominical bat son plein. Je n’ai pas parcouru 10 mètres que j’ai déjà acheté un poulet rôti et deux bouteilles de muscadet. Bâties au XVIIe siècle par Henry de Gondi, duc de Retz, les halles couvertes de Pornic furent l’un des premiers points de vente de la célèbre biscuiterie Saint-Michel. Aujourd’hui, les galettes au beurre ont laissé place aux huîtres, aux cochonnailles, aux légumes de saison et aux fromages normands.

Chez le charcutier, j’explique à un copain argentin comment est préparé le fromage de tête. Joue, groin, langue, ça ne donne pas vraiment envie comme ça mais c’est un régal. Petit chez ma grand mère, j’en dévorais des tranches et des tranches.

Road trip sur l'Atlantique : Pornic et son port

Pique-nique à la bonne franquette

Nous allons déjeuner dans le jardin d’une villa située dans le quartier de la Birochère. Depuis le port, un sentier côtier longe l’anse aux Lapins jusqu’à la pointe de Gourmalon. A marée basse, la panorama sur les gréements posés à même le sable et le château est fabuleux. En poursuivant en direction de la plage de la Source, on rejoint le circuit des pêcheries du Gourmalon. Les pêcheries, ce sont ces cabanes à échasses qui marchent au-dessus de l’océan. Leur bec élancé retient fermement un carrelet suspendu au-dessus de l’eau. A marée haute, ce large filet permet de remonter facilement soles, bars et autres plies.

Mais cet après-midi, c’est une autre pêche miraculeuse qui nous attend. Dans un jardin tapissé de pâquerettes, nous ouvrons les huîtres, nous préparons le plateau de charcuterie et nous débouchons le vin blanc. C’était un dimanche fantastique à Pornic, ne vous ai-je pas dit ?

*Le prénom a été modifié

Escale à la Rochelle et sur l’Île de Ré

Depuis très longtemps déjà, je rêvais du vieux port de la Rochelle. La tour Saint Nicolas, celle du Vieux Chaîne, ou plus loin dans la rade, la Tour de la Lanterne. Le long du quai Valin, le tableau est idyllique. Le vent vivifiant de l’océan fait chanter les voiles du port qui carillonnent à l’unisson, au rythme des bourrasques. Une pluie fine s’abat sur la ville, on a perdu presque 10 degrés en quelques minutes. Je m’abrite à l’intérieur d’un café et commande une bière brune.

Le temps gris plait bien à la Rochelle, ville au tempérament pourtant solaire dont les façades en pierre claire illuminent les rues. Je regarde les nuages danser au-dessus de l’Atlantique, par delà les fortifications de la ville. En matinée, il fait bon flâner sous les arcades et remonter la rue Saint Yon jusqu’aux fameuses halles de la Rochelle. Le samedi, l’activité est à son comble. J’en profite pour acheter quelques barquettes de mara des bois et ces pommes de terre légèrement sucrées venues de l’île de Ré.

Dimanche en Ré

Dimanche fut la seule belle journée de la semaine, une occasion parfaite pour se rendre à Saint-Martin de Ré. La plus charmante cité rétaise est un véritable bijou. Autour de son port irradié par le soleil, d’innombrables venelles s’enfoncent dans le vieux village et mènent vers la paroisse catholique et son clocher observatoire. D’en haut, on prend soudain conscience de la physionomie du village. On distingue avec précision la forme étoilée de la forteresse Vauban qui ceinture Saint-Martin de Ré. J’ai l’oeil rivé sur le phare et les maisonnettes pastel du quai Georges Clémenceau, les plus typiques du village.

Le bassin d’Arcachon de village en village

Le bassin d’Arcachon est un espace à part, comme une piscine sauvage adossée à l’océan. Sculptés par les hommes, les rivages de la lagune sont dominés par une immense montagne de sable. Ils abritent une myriade de ports ostréicoles dissimulés au coeur des landes. Sur les arêtes de la dune du Pyla, on se croirait au Sahara. Sur les plages océanes du Cap Féret, on s’emplit les poumons d’air marin. Au milieu des cabanes de pêcheurs, on voyage dans les Antilles. Comme une parenthèse à l’abri du monde, que je vous raconte à travers la visite des bourgs authentiques et rustiques du bassin.

Premier plateau d’huîtres

J’ai séjourné au Teich, écrin sauvage bercé par la nature, les oiseaux et l’eau. Ce discret village connu pour sa réserve ornithologique vit dans l’ombre de ses voisins, au cœur du delta de la Leyre. En longeant la voie ferrée vers l’est, on atteint rapidement les 7 ports de Gujan-Mestras, épicentre de l’activité ostréicole dans le bassin d’Arcachon. Au port de Larros, il suffit de commander un plateau d’huîtres au coucher du soleil, pour s’envoler au paradis.

 

Des villages hauts en couleurs

Le charmant port de Biganos, envoûtant par ses couleurs, est blotti à la lisière d’une haute forêt de pins dans l’embouchure de la Leyre. Ce village miniature, avec ses cabanes de poupées en bois, semble tout droit sorti d’un conte pour enfants. Il pourrait sans difficulté être peuplé de princesses, de sorcières, de nains ou de fées. Au numéro 49, un chalet blanc et bleu aux balcons fleuris de géraniums, surnommé Alizée, ressemble à une maison en pain d’épices recouverte de pâte à sucre. C’est à croquer ! Dans les méandres de la Leyre, la vie coule, tranquille et paisible, à l’abri pour quelques semaines encore de l’afflux des estivants.

A deux pas de Biganos, les cabanes pastel d’Audenge ouvrent la voix à la découverte du domaine de Certes, en plein coeur des prés salés et des anciens marais salants. Cormorans, aigrettes et milans noirs peuplent cet espace naturel exceptionnel entre terre et mer.

En route vers le Cap Ferret

Face à la jetée d’Andernos, la plus longue de l’Hexagone, je profite du soleil printanier en dégustant une marmite de moules à la crème. Juste le temps pour une balade digestive le long de la plage, puis je reprends la route en direction du Cap Ferret, cordon littoral immortalisé par Jean Cocteau, Sarah Bernhardt ou plus récemment Guillaume Canet.

Au cœur de cette Polynésie bordelaise, le petit village du Canon enchante par ses cases colorées aux teintes éclatantes, ses pontons irradiés par le soleil, ses plages discrètes et ses pinasses qui croisent au large, face à l’île aux oiseaux. En poursuivant par la départementale, on ne tarde pas à apercevoir le célèbre phare du Cap Ferret. Au-delà des villas luxueuses des 44 hectares, la pointe du cap dévoile de sublimes paysages sur l’océan et la dune du Pyla. Inoubliable…

J’ai respiré l’air du Pays Basque

Un dîner chez Martin

A Bayonne, je suis allé dîner chez Martin, une excellente table bistronomique qui revendique une cuisine à l’état libre. A deux pas de la cathédrale, cette adresse désormais incontournable est tenue par le chef Lionel Elissalde. Ce mordu de gastronomie dévore les livres de cuisine à la recherche de saveurs éclectiques. Ses recettes sont influencées par les cultures londonienne, hindoue et japonaise. Chez Martin, j’ai découvert une cuisine simple et inventive élaborée avec les produits du marché. Tout est juste : les textures, les saveurs, les cuissons. J’en ai encore l’eau à la bouche…

Me rendras-tu, rivage basque, 
Avec l’heur envolé 
Et tes danses dans l’air salé,
Deux yeux, clairs sous le masque.

Paul-Jean Toulet

Sur la Côte des Basques

Ce midi, la plage de la Côte des Basques attire les foules. Avec près de 35°C au thermomètre, les terrasses font le plein. Cette année les championnats du monde de longboard ont lieu à Biarritz, alors forcément les stands des écoles de surf font carton plein. Je n’aurais malheureusement pas la chance d’assister à la performance de Justine Dupont, l’une des seules surfeuses françaises à avoir vaincu les vagues de Nazaré l’hiver dernier. Aujourd’hui, l’Atlantique est désespérément plat, obligeant les athlètes à une relâche forcée. Mais de petits rouleaux d’un mètre font le bonheur des surfeurs amateurs qui vivent de belles sensations sur l’eau. A l’image de ce jeune homme qui vole au-dessus des flots, en pleine phase de test d’un de ces nouveaux surfs électriques qui font fureur…

Sur la plage de Saint-Jean de Luz

Remontant d’Espagne, nous avons atteint Saint-Jean de Luz à peine une heure avant le coucher du soleil. Juste au moment où la lumière rasante de soir éblouit de jaune et d’or les façades à colombages des maisons bourgeoises de la plage. Du Fort de Socoa à la pointe de la Sainte-Barbe, la baie de Saint-Jean de Luz forme une coquille parfaite dans laquelle se jette la Nivelle. L’ancien repaire de corsaires est aujourd’hui devenu une station balnéaire chic. Nombreux sont la badauds qui défilent sur la promenade en contrebas de l’hôtel de la plage. Le soleil se couche, emportant avec lui les couleurs magnifiques du Pays Basque.

Clap final au cirque de Gavarnie

Changer sa feuille de route fut la meilleure idée de ce voyage en France. Alors que nous devions traverser la frontière pour visiter le Pays Basque espagnol, nous avons été contraints de modifier nos plans, faute de trouver un hébergement à prix décent. Nous avons donc pris la route pour les Pyrénées, à la découverte de Bagnères de Bigorre et du cirque de Gavarnie.

Voyage en France : le cirque de Gavarnie

Le cirque de Gavarnie se dresse telle une forteresse imprenable, dont la muraille gigantesque forme un panorama irréel entre la France et l’Espagne. A mesure que l’on approche à pied de cet écrin minéral, on prend conscience du gigantisme de l’endroit. De toute part sur la paroi rocheuse, jaillissent d’innombrables cascades sauvages, dont la plus haute dépasse les 400 mètres de haut. Au coeur de ce cirque majestueux qui semble avoir été hérissé des entrailles de la terre par les dieux, je me sens minuscule, comme happé par une nature sauvage, rendu plus belle encore à la faveur des dernières lueurs du jour. Ainsi s’achève mon road trip en France, un fabuleux voyage à l’ouest, entre mer, campagne et montagne.

Mon carnet d’adresses à l’ouest de la France

Fenêtres sur Mer à Sainte Marguerite sur Mer

Nathalie et son mari ont ouvert voilà 10 ans une guesthouse familiale, avec une vue de rêve sur la plage de Sainte Marguerite sur Mer. Quelques très belles chambres avec terrasse à partir de 110 euros la nuit pour deux. Et un spa en prime…

  • Maison d’hôtes Fenêtres sur Mer – 220 rue aux juifs – 76119 Sainte Marguerite sur Mer

Le Bistrot Fleuri à Villerville

Un bistrot en miniature situé à l’entrée du village, tenu par un charmant couple d’irlandais. Goûtez absolument le Fish & Chips et commandez une double ration de sauce tartare maison, préparée par le chef. Environ 20 euros par personne pour un plat, une boisson et un café.

  • Restaurant Le Bistro Fleuri – rue du Général Leclerc, 14113 Villerville

Le gîte de Céline à Villerville

La Villa des Balcons est un superbe gîte installé dans une demeure des années 1930 rénovée avec beaucoup de goût. A deux pas de la plage, dans le centre bourg, la maison s’organise sur trois niveaux avec un salon en rez-de-chaussée et les chambres réparties sur les deux étages supérieur. Pour 4 à 6 personnes, à partir de 425 euros/semaine.

  • La Villa des Balcons – 14113 Villerville

Le restaurant de Didier Méril à Dinard

Situé dans le coeur historique de Dinard, le restaurant de Didier Méril bénéficie d’une vue à couper le souffle sur la baie du Prieuré. Cette excellente table gastronomique propose un menu du marché à 32 euros le midi. Je recommande !

  • Restaurant Didier Méril – 1 Place du Général de Gaulle – 35800 Dinard

La Belle du Gabut à la Rochelle

A deux pas du Vieux Port, la Belle de Gabut est une friche artistique, culturelle et festive qui prend ses quartiers chaque été à la Rochelle. Cinéma en plein air, concert, soirée dansante, clubbing, la programmation éclectique du lieu plaira à tout le monde.

Le gîte Chez Cellou en Charente-Maritime

En plein coeur des vignobles de Cognac, le gîte Chez Cellou vous accueille en pleine nature pour une nuit en roulotte ou dans un ancien four à pain aménagé en appartement cosy. Le soir au coucher du soleil, l’endroit est absolument idyllique…

La cabane à huitres de Bernard Bergez à Audenge

A Audenge chez les Bergez, on est producteur d’huîtres de père en fils. Installé dans la cabane numéro 8, au coeur du port ostréicole, Bernard Bergez vous accueille tous les jours pour déguster fruits de mer et poissons frais en terrasse. Goûtez les Numéro 5, elles sont délicieuses !

  • Cabane Bernard Bergez – Rue du Port, 33980 Audenge

Le restaurant Chez Martin à Bayonne

Chez Martin, c’est une petite adresse désormais incontournable tenue par le chef Lionel Elissalde. A la carte au printemps, des asperges sauce hollandaise, une épaule d’agneau et sa pâte de datte-expresso ou une pavlova aux fraises du Pays Basque. C’est délicieux…

La maison de David à Bagnères de Bigorre

A Bagnères de Bigorre, Davide possède une petite maison de famille qu’il loue aux voyageurs de passage lorsqu’il est absent. Il vient tout juste de terminer la rénovation des pièces de vie et des chambres. Ce petit nid cosy fut l’un des plus agréables logement de mon road trip.


Cet article raconte mon voyage #EnFranceAlOuest, une aventure En France Aussi à retrouver également sur le webzine.

Je remercie Gîtes de France de m’avoir aidé à organiser certaines étapes de ce road trip, en m’hébergeant gracieusement en Normandie et en Charente Maritime et en me permettant de faire de très belles rencontres.

Tous les choix éditoriaux m’appartiennent.

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Cet article a 3 commentaires

  1. Bouteiller

    Très joli récit, très inspirant.
    J’aime tant la côte ouest ! En particulier la côte basque.

  2. Ophélie G.

    Merci pour cette balade ! J’ai très peu visité la France (je connais bien mieux le Royaume-Uni) mais quel plaisir de voir La Rochelle dans cet article ! Tu m’as donné envie d’explorer ce pays que j’ai abandonné et que je connais si mal. xx

  3. Stan

    bonjour ! merci pour cet article captivant . J’ai programmé une petite semaine dans le Nord pas de Calais avec ma fille et je ne pensais pas qu’il y avait plein de choses à voir dans le nord de la France à part la ville où on a tourner les chtis .mais je pense que je vais repousser avec ce confinement qui se profil de nouveau c’est un peu compliqué de faire de longs voyages. Maintenant on passe notre temps à lire des blogs de voyages et on salive sur les belles maisons sur booking bailti airbnb faute de na pas pouvoir aller là-bas . Pour l’instant en tout cas.

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