Bon ok, j’ai un peu joué sur les clichés pour t’embarquer avec moi dans ce voyage, mais à y regarder de plus près, tu verras qu’ils ne sont pas si éloignés de la réalité. L’aventure débute à Saint-Viâtre, un petit village situé au cœur de la Sologne des étangs.
La petite histoire des étangs de Sologne
Nous avons rendez-vous avec Jean-Michel, qui nous attend juste au pied du clocher tors du village. Ce clocher a une légende, raconte-t-il. « Nous avons un village qui est très ancien et où il y avait un étang qui s’appelait l’étang de la Cure. Des religieux qui y vivaient avaient l’habitude d’y élever des carpes. Un soir, le diable, étant jaloux, est venu pêcher des carpes avec un filet de braconnier. Et ce soir-là, pas de chance, il y a eu un grand vent et le filet s’est envolé pour aller s’accrocher au clocher de l’église. Alors, le diable a tiré sur le filet pour tenter de le décoincer. Et donc, c’est pour ça que notre clocher est tordu dans ce village ».

Jean-Michel travaille à la Maison des Étangs et il est intarissable sur l’histoire de la région. Il nous raconte comment la création d’étangs au Moyen Âge a façonné à la fois le paysage, mais aussi la culture locale, en créant de nombreux métiers qui découlaient de la pisciculture et de la présence de zones humides. C’est notamment le cas de la vannerie, dont il reste encore un atelier. Mais autrefois, les fabriques tournaient à plein régime. « On avait les grands cirques de Pinder qui venaient passer les hivers à Blois et à Tours. Ils réalisaient des cordes aussi pour la marine de Loire. Ils faisaient les ceintures des religieux, les cordeliers. C’était dans des domaines assez particuliers ». À la Maison des Étangs, les équipes ont reconstitué un ancien chantier à cordes pour faire découvrir au public cette technique ancestrale aujourd’hui presque disparue. Nous partirons donc avec notre corde tressée à la main par Cécile. Un joli souvenir de Sologne.
À l’écoute de la faune locale
Aux portes de l’étang de la ville, nous retrouvons Sarah, une guide naturaliste chez Sologne Nature Environnement qui va nous emmener à la découverte de la faune et de la flore qui peuplent les zones humides de la région. Originaire du Berry et passionnée par la nature, elle a débarqué ici il y a quelques années et elle a été séduite par le caractère secret de la Sologne. Pas facile de trouver les meilleurs coins de nature, il faut aller gratter, il faut tâtonner, chercher… mais au bout du chemin, la rencontre avec les oiseaux est toujours au rendez-vous !
Nous traversons l’étang de la ville, calfeutrés derrière la roselière. « Quand on marche derrière la roselière, on entend ce qui se passe sur l’étang. On ne le voit plus forcément. Mais en fait, les espèces qui sont sur l’étang ne nous voient plus non plus. Du coup, au moins, ils s’expriment un peu plus. Regardez, un héron qui s’envole ! ».

Les roselières servent de réservoir de nourriture pour certains oiseaux et amphibiens. Elles peuvent également servir d’endroits de repos. Et il y a même certaines espèces d’oiseaux qui vont nidifier à l’intérieur. Les roselières sont donc des lieux pour se protéger, se reposer, se nourrir et nidifier.
« Là, on arrive à l’Observatoire et même avant de monter dans cet observatoire-là, vous voyez, à gauche, il y a un héron. Il y a un héron cendré qui est dos à nous et qui tourne sa tête vers la gauche. On voit très bien aussi son bec. Comment son bec est fait et adapté à sa nourriture, à ce qu’il mange, à son milieu. En vol, c’est très impressionnant. Ça a une envergure… Là, ils partent tous les deux. Ça a une envergure très, très grande. Peut-être qu’ils vont venir se reposer à un autre endroit sur l’étang ».
On ne pouvait pas rêver mieux pour découvrir la vie autour des étangs de Sologne. Avec cette lumière printanière incroyable, l’instant était absolument magique. Voir voler ces hérons avec en fond le clocher tors de Saint-Viâtre, là voilà la carte postale de la Sologne des étangs.

Une nuit au domaine de Montizeau
Le domaine de Montizeau est une excellente adresse où passer la nuit après une journée passée sur les traces des oiseaux de Sologne. Ce gîte est installé dans un ancien domaine de chasse qui appartenait au duc de Lorge. Il possédait 5000 hectares, sur lesquels il exploitait plusieurs fermes expérimentales et produisait beaucoup de nourriture et de fourrage pour les animaux dans la région d’Orléans. Et le domaine de Montizeau, c’était sa propriété de chasse, où l’homme élevait une bonne centaine de chiens pour la chasse à courre.
La chasse à courre, c’est un peu la part d’ombre de la Sologne. Une sale tradition qui perdure depuis la Renaissance. Sauf qu’aujourd’hui, les monarques ont été remplacés par des milliardaires et des hommes d’affaires fortunés qui se barricadent dans des forêts privées partout en Sologne.

Aparté terminé, revenons à Montizeau où aujourd’hui, il n’est plus question de chasse mais d’hospitalité. Le bon côté de la Sologne cette fois-ci. Laurent a racheté le domaine avec son mari Nicolas, il y a quelques années. Un vrai coup de cœur et un changement de vie radical pour ces deux Parisiens habitués à la vie citadine et au stress de la capitale. « C’est une longère, elle est faite en trois parties. Il y a la partie de droite où il y avait les boxes des chevaux qui étaient utilisés pour la chasse. Il y a la partie centrale, c’est où vivait le piqueux, ceux qui s’occupaient des chiens, qui les nourrissaient, qui les élevaient et qui organisaient les chasses. Et la dernière partie à gauche, qui est aujourd’hui notre partie privée, c’est la partie où vivait la meute de chiens, c’était le chenil en fin de compte. Nous, on dort aujourd’hui dans le chenil et mes hôtes, ils dorment aujourd’hui dans le box des chevaux ».
Ce voyage est à retrouver en intégralité et en podcast sur le site web de Sologne Tourisme. Cette série audio intitulée Pierre, Feuille, Sologne te mènera de découverte en découverte, des étangs de Viâtre aux rives de la Loire, en passant par le château de la Ferté-Saint-Aubin ou la tuilerie de la Bretèche.
Il y a déjà 3 épisodes à découvrir et 3 nouvelles aventures arrivent cet automne. Bonne écoute ! Ce reportage a été réalisé dans le cadre d’une collaboration avec Sologne Tourisme en mai et septembre 2024.


