Voyage Ă bord de l’Arctic Circle Train
Il est 18 heures sur le quai de la gare de Stockholm. Le quai est bondĂ© de voyageurs en backpack et skis sur le dos. Le soleil est dĂ©jĂ rasant et le train de lâArctique fait son entrĂ©e en gare, Ă vitesse lente. On pĂ©nĂštre Ă bord des voitures et on investit nos cabines. Pour nous, ce sera un compartiment trois couchettes, partagĂ© avec un jeune SuĂ©dois en route pour Kiruna, en quĂȘte de poudreuse fraĂźche.

Le voyage dure prĂšs de 18 heures dans la nuit, Ă destination du cercle polaire. Nous avons traversĂ© la SuĂšde et le train foule les premiĂšres landes de Laponie alors que le soleil se lĂšve. Une grande majoritĂ© de voyageurs descendent Ă Kiruna ou Ă Abisko. Nous continuons en direction de la ligne dâOfoten, lâune des plus spectaculaires de NorvĂšge, qui mĂšne Ă Narvik, lâune des gares les plus septentrionales dâEurope.
Ă bord, la vie dĂ©file lentement au wagon-restaurant, Ă mesure que le train sâenfonce dans la nuit, mettant le cap au nord. Ă bord, jâai rencontrĂ© trois jeunes Français partis pour une aventure Ă ski sur les montagnes norvĂ©giennes, les seules dâEurope ou presque qui se confondent avec la mer.

Pour rejoindre TromsĂž, il faut encore emprunter un bus qui, malgrĂ© la tempĂȘte, file Ă vive allure sur les routes du Troms. Une heure plus tard, toute la rĂ©gion est fermĂ©e. Une avalanche a mĂȘme emportĂ© une ferme entiĂšre et son troupeau de brebis.
Rencontre avec Agathe Ă TromsĂž
TromsĂž est une charmante bourgade arctique au tempĂ©rament bien nordique, avec sa rue principale bordĂ©e de maisons en bois et son port iconique. Câest ici que jâai rendez-vous avec Agathe. Nous sommes dans un environnement incroyable : autour de nous sâĂ©lĂšvent plusieurs massifs montagneux, dont le cĂ©lĂšbre mont Storsteinen, que lâon peut gravir en tĂ©lĂ©phĂ©rique.

« Ce qui me fascine avec cette ville, raconte Agathe, câest que peu importe oĂč on est dans la ville, on voit les montagnes, elles sont vraiment proches de nous. Câest vraiment spĂ©cial comme impression. Ă 200 ou 300 mĂštres au-dessus du niveau de la mer, on est dĂ©jĂ en montagne, entre guillemets, et câest ce quâon a juste en face de nous avec les bateaux en premier plan. »
Venue en NorvĂšge depuis sa Normandie natale au cours dâun master en architecture, elle nâa plus jamais quittĂ© le pays, sauf pour un stage de trois mois aux Ătats-Unis. Elle a mĂȘme choisi de migrer au nord du nord, pour vivre sa soif dâoutdoor et de nature. Elle a trĂšs vite adoptĂ© le style de vie norvĂ©gien.

« Ici, on a du temps pour soi et pour ĂȘtre dans la nature. Câest incroyable de vivre tous ces moments outdoor qui me rendent heureuse. Je me suis rendu compte que ça, câĂ©tait hyper intĂ©grĂ© dans la culture norvĂ©gienne. Câest-Ă -dire que les NorvĂ©giens, aprĂšs le travail, vont faire du ski de fond, du ski de rando ».
Alors quâelle nâavait jamais fait de ski de sa vie, Agathe est aujourdâhui une vĂ©ritable fĂ©rue de sports dâhiver, Ă tel point quâelle emmĂšne des voyageurs en expĂ©dition en pleine nature, Ă©tĂ© comme hiver. Elle pratique la randonnĂ©e, le ski ou les raquettes dans les massifs de la pĂ©ninsule de KvalĂžya ou sur lâĂźle de Senja, quâelle affectionne particuliĂšrement.
A la dĂ©couverte de l’Ăźle de Senja
Les NorvĂ©giens surnomment Senja la petite NorvĂšge, parce quâelle regroupe un peu tout ce que les paysages norvĂ©giens offrent sur une seule Ăźle, exception faite des glaciers. Sur lâĂźle de Senja, on retrouve les fjords et les montagnes : des montagnes un peu alpines, trĂšs dramatiques, mais aussi de grands plateaux avec des lacs et des landes Ă perte de vue. Certains lâappellent Ă©galement EventyrĂžya, lâĂźle aux aventures, tant elle offre de terrains de jeux aux amoureux des grands espaces.
Et justement, le lendemain, me voilĂ sur le ferry pour Senja. Jâembarque avec quelques copains depuis le port de Brensholmen, Ă quelques encablures de la pĂ©ninsule de SommarĂžy. La traversĂ©e dure vingt minutes. Le froid est polaire et la mer noire. Le bateau avance dans le brouillard ; Ă peine voit-on les cimes acĂ©rĂ©es de Senja au loin.

Il fait dĂ©jĂ nuit. Nous avons rĂ©servĂ© une hutte en bois au bord de la mer. Je bois mon thĂ© au chaud, installĂ© dans mon fauteuil face Ă la fenĂȘtre. Le feu brĂ»le dans la cheminĂ©e, le ciel est Ă©toilĂ© et soudain, le ciel sâillumine de dizaines dâaurores borĂ©ales qui danseront jusquâau milieu de la nuit. Magique !

Cette série audio a été réalisée en collaboration avec Radio Clapas. Tu peux retrouver tous les épisodes sur mon blog, La France baladeuse, ou sur le blog de la radio Clapas.
Découvrez cette aventure dans mon dernier livre
AprĂšs 5 annĂ©es sur les routes avec mon micro, j’ai racontĂ© des dizaines d’histoires de voyage et d’aventure en France et sur les rails. Et bien figurez-vous que ces rencontres dans des trains, au bord d’un quai ou durant mes pĂ©rĂ©grinations dans l’Hexagone vont faire l’objet d’un livre Ă paraĂźtre chez Larousse : OĂč aller sans prendre l’avion ? 50 itinĂ©raires

A travers une cinquantaine d’itinĂ©raires, je vous propose d’explorer la France et l’Europe sans avion, le temps d’un voyage ponctuĂ© de rencontres faites au fil des mes expĂ©ditions pour La France Baladeuse…


