Penang, la Perle de l’Orient

Penang, ancien comptoir de la route des épices, est une île incontounable en Malaisie. Chargée d’histoire, elle invite à voyager dans le temps à la croisée des mondes et des cultures.

Un mardi à Penang

Ce qui est insupportable avec les taxis lorsque vous êtes touriste, c’est qu’ils essaient toujours de vous arnaquer. Je dis ça parce que ce matin, nous n’étions encore pas d’accord sur le choix du moyen de transport à emprunter pour rejoindre le centre ville. Finalement, c’est donc un taxi qui nous déposera sur Jalan Chulia, entre les quartiers indiens et chinois.

A peine le temps de faire quelques mètres et nous arrivons devant la masjid Kapitan Keling, la plus grande de Georgetown. Elle tient son nom du chef des Keling, une communauté d’Inde du Sud, qui la bâtit à la fin du XVIIIème siècle. La dernière rénovation de 1930 lui a donné son aspect actuel. Nous sommes accueillis par un fidèle qui nous propose d’entrer pour visiter l’intérieur de l’édifice. Après avoir retiré nos chaussures et revêtu une longue tunique noire couvrant nos jambes nous découvrons ce monument magnifique. A l’intérieur, un sol en marbre blanc et des allées avec des arcs en fer à cheval tournent autour de la salle de prière dont l’accès est réservé aux musulmans. Sur la gauche, un bassin pour la toilette, obligatoire avant la prière.

Nous continuons vers Lebuh Cannon, une scène est en train de s’y monter pour les célébrations du nouvel an chinois. La ville est d’ailleurs complètement décorée pour l’occasion, des milliers de lampions rouges sont suspendus au dessus des rues et devant les maisons. Le centre ville et ses petites rues sont vraiment agréables et nous donnent l’envie de flâner, malgré une chaleur écrasante.

Nous entrons au hasard dans le petit temple hokkien Kock Teik Cheng Sin. Un homme nous accompagne pendant la visite, sans un mot. Il nous fait juste des signes pour attirer notre attention sur les statues, objets et décorations d’importance. Ce n’est pas très pratique pour les explications mais cela rend l’expérience plutôt burlesque. On ne sait pas vraiment si cet homme est muet, ou si il a fait vœu de silence.

La vieille ville de Georgetown

Georgetown offre vraiment un aperçu de toutes les religions de Malaisie ; monuments bouddhistes, musulmans ou hindous coexistent dans tous les quartiers de la ville. On peut même voir des églises chrétiennes, héritage des colonisations anglaises ou hollandaises. « Georgetown est une ville extraordinaire, une ville pour les aventuriers et les explorateurs, pour les marins et les commerçants, pour les combatifs et les romantiques…». (J de Bierre, J Bain Smith, Penang, la porte des secrets, Areca Books) Rarement nous ne nous sommes sentis vraiment bien dans une ville de Malaisie. Mais Georgetown est différente, elle a ce côté magique qu’ont bon nombre de grandes villes historiques.

Dans Little India, l’ambiance est complètement différente, tout change : les couleurs, les étalages des magasins, les enseignes. Après avoir tourné un moment dans les rues pavées du quartier, nous nous arrêtons dans une petite cantine près de la mosquée indienne à l’angle de Lebuh Cina. Comme un peu partout en Malaisie, on peut choisir le service à table ou le passage par un petit self-service. Ici, le lavabo qui sert habituellement au lavage des mains est à même le trottoir. On ne peut pas résister à l’envie de déguster un poulet tandoori. Ce poulet mariné et cuit dans un tandoor (four en terre cuite en forme de jarre) est servi sur un plateau avec un naan et plusieurs petites sauces : sucré-salée, curry et acidulée (citron vert, oignon et piment). Je ne sais pas comment les malais font pour manger avec leurs mains et les garder propres. Pour moi c’est absolument impossible, j’en ai partout, j’ai utilisé quasiment toutes les serviettes en papier à disposition. Pour une fois nous sommes tous d’accord, la cuisine indienne est vraiment la meilleure que nous ayons goûté en Malaisie.

Depuis Georgetown, on peut facilement rejoindre Kek Lok Si en bus. Le plus grand temple bouddhiste d’Asie est situé sur les hauteurs de Air Hitam (littéralement : eaux noires), au nord de la ville. Nous traversons des quartiers populaires où des familles s’entassent dans des barres d’immeubles de plusieurs dizaines d’étages. Barreaux aux fenêtres et façades défraîchies sont de rigueur. Nous ne sommes plus tout à fait dans le Penang des cartes postales. Au pied des tours, des dizaines de stands de rue et de terrasses de cafés se partage les trottoirs et les cours.

En se rapprochant du temple, les commerces sont tellement nombreux qu’on se demande si le bus pourra se frayer un passage dans cette fourmilière. Un marché s’est établit tout le long de la route, les commerçants s’installent où ils le peuvent, sur les trottoirs ou parfois même sur la chaussée. La foule s’entasse devant les étals et tente tant bien que mal de faire son marché, coincée entre bus, voitures et scooters déboulant à toute vitesse.

Sortis du bus, nous nous avançons vers un escalier qui s’engouffre dans un dédale de petites boutiques de souvenirs et s’arrête au pied d’un bassin aux tortues. Les tortues sont un signe de longévité et de protection dans la tradition chinoise, c’est pourquoi elles sont déposées par centaines dans cette fontaine-prison, comme offrandes aux dieux.

Arrivés au sommet, nous découvrons un temple majestueux, mais surtout gigantesque, nous n’avions jamais vu ça, même à Bangkok. Sur la promenade qui mène aux premières pagodes, plusieurs mendiants font la quête auprès des touristes ou des fidèles venus en masse. Nous sommes immédiatement fascinés par ces grandes colonnes rouges et blanches, ces toits de tuiles vertes et oranges et ces innombrables boiseries sculptées.

 

Construit en 1890, le temple de la Félicité Suprême est une emblème du pays, au même titre que les tours Petronas. Dans ce lieu hautement spirituel, la beauté et le raffinement à la chinoise sont au rendez vous. Mais chaque temple ou presque a le droit à sa boutique de souvenirs, pour permettre au temple de vivre, cela va s’en dire.

Je m’amuse à compter les statues de Bouddha qui entourent la première petite pagode, je m’arrête à quatre vingt seize, il y en a trop. Derrière le petit porche arrondi une bonne surprise, nous découvrons une vue imprenable sur Georgetown, bon moyen de visualiser la taille de cette ville qui pourtant ne compte que 300 000 habitants.

Nous rejoignons le point le plus haut du lieu en empruntant le téléphérique. Au côté de l’immense statue de Kuan Yin, on peut s’arrêter un moment dans un jardin paisible au fond duquel trône un petit temple. La princesse du Coeur de Lion est accompagnée par sa cour , les douze animaux du zodiaque chinois. Le lapin, lui bien sûr, est à la fête, décoré d’un beau noeud rouge. 2011 est son année.

Vers 18 heures, le gong retenti pour signaler aux visiteurs la fermeture du lieu. Pendant plusieurs minutes, le gong sonne à intervalle régulier. A certains moments, son rythme s’accélère, l’ambiance devient presque solennelle.

Envie d'autres escapades dans l'Hexagone ?

Abonnez-vous au podcast La France Baladeuse

Partager l’article

Cette publication a un commentaire

  1. J’ai aimé mon voyage au Malaisie. Ça me rappel de bon souvenirs! Le seul chose j je n’ai pas aimé c’est le canalisations ouverts avec les rats de fois. Oui, je sais, je suis un fille de ville donc ça me plait pas. A part ça, le voyage a était magique.

Laisser un commentaire