« Mes carnets d’Asie ne sont rien que des notes personnelles, impressions griffonnées sur mes genoux, au bord d’une rizière ou dans un bus de fer blanc, couvrant des pages et des pages barbouillées de sueur ou étoilées de pourpre par un moustique gorgé mais vaincu. »
A dos d’âne dans une rizière, dans un bus, un train ou un taxi, Gabrielle Wittkop part à la rencontre des habitants, qu’ils soient simple paysan, homme d’affaire ou personnalité haut placée. Elle en dresse des portraits à la fois drôle et pathétique, incroyable aussi comme par exemple celui d’une transsexuelle nommée Shushma, rencontré dans un train reliant la Thaïlande à Singapour.
Cet ouvrage mêle des expériences de voyage très personnelles, des rencontres mais également des descriptions très précises des lieux visités par Gabrielle Wittkop.
Le ferry bourdonne et ronronne. On vend des journaux, Merdeka (La Liberté), Pagi (Le Matin), des T-shirts, des bretelles, des chaussettes, des lunettes de soleil. On débite du café, des oeufs durs, des beignets lenticulés de mouche dans une guérite vitrée du pont supérieur, si morose et graisseux que je préfère l’entrepôt où le vent fouette la fumée des kreteks en longues écharpes, où les bidons et les fruits qui circulent parmi la foule des mille ou onze cents passagers. Je suis la seule européenne.
Gabrielle Wittkop, Carnets d’Asie, page 198
Un ouvrage à lire absolument si vous prévoyez de voyager prochainement en Asie.
Pour plus d’infos, consultez l’article de René de Ceccatty paru sur le site du Monde.
Gabrielle Wittkop, Carnets d’Asie, Editions Verticales, 2010, 23 euros


