[🚂 Tchou Tchou] À bord du Tromsþ (pas si) express : de Berlin à Copenhague

La route vers la Scandinavie continue dans le deuxiĂšme Ă©pisode de ce podcast Ă  destination de TromsĂž. AprĂšs avoir fait escale Ă  Hambourg, je vous propose de rejoindre Copenhague en train. J’y retrouverai Vincent, un jeune français passionnĂ© par les pays scandinaves et crĂ©ateur du mĂ©dia L’Instant Nordique.

AprĂšs avoir croisĂ© la route d’Anissa Ă  Berlin, j’ai poursuivi mon pĂ©riple vers le nord. Cette fois, direction Copenhague. Avant de rejoindre la Sandinavie pĂŽur le toute premiĂšre fois, j’ai fait une escale Ă  Hambourg, pour quelques jours.

Escale Ă  Hambourg, sous la pluie

Je crois que je n’ai jamais vu Hambourg autrement que sous la pluie. Comment aborder cette ville immense, cette citĂ© portuaire aux cieux terribles, comme l’écrivait Siegfried Lenz, le plus cĂ©lĂšbre des auteurs hambourgeois contemporains.

Par ses quais Ă©videmment, envahis de badauds et dĂ©sormais dominĂ© par l’incroyable philharmonie de l’Elbe qui offre, par temps clair (ce qui arrive rarement) un formidable panorama sur Hambourg.

Nous avons traversĂ© les quais et passerelles de la Speicherstadt au pas de course. Nous nous sommes rĂ©fugiĂ©s dans un cafĂ© chic sur l’Elbepromenade. Dire que l’étĂ© ici, on improvise des beachclubs avec transats et musique house. On est bien loin du compte


Pour combattre le froid, nous embarquons Ă  bord du bateau bus 62, celui qui remonte l’Elbe. On se croit Ă  la mer, pourtant elle est Ă  plus de 100 km. Au-delĂ  du port et des conteneurs, les beaux quartiers dĂ©filent : Altona, la plage de la perle, Finkenwerder. Le soleil est enfin de la partie, quelques minutes avant de se coucher, il illumine le ciel de Hambourg en mode redemption. Vous m’avez vu, maintenant filez plus au nord !

Découvrir copenhague en photo et en podcast

Découvrir Copenhague en train

Alors c’est vrai, Copenhague, c’est la ville du vĂ©lo, ça tout le monde le sait.

Et c’est aussi la ville des viennoiseries. Si si je te jure, les danois sont les rois de la pĂąte feuilletĂ©e ! Tu n’as qu’à aller faire un tour chez Buka, une petite boulangerie situĂ©e au numĂ©ro 18 de Store Kongensgade, en plein cƓur de Copenhague.

C’est dans un petit immeuble cossu, Ă  deux pas de lĂ , que j’ai posĂ© des valises pour cette nouvelle escale sur la route de la NorvĂšge.

Bon alors évidemment, à Copenhague, il y a le fabuleux quai de Nyhavn avec ses maisons de marchands colorées. Et il y a bien sûr Hans Christian Andersen, qui a vécu dans 3 des maisons de Nyhavn, rien que ça. Et qui a donné son nom au quartier de Christianshavn, que tu connais aussi sous le nom de petite Amsterdam.

Quai de Nyhavn Ă  Copenhague

Mais ce n’est pas tout Ă  fait cette histoire que je vais te raconter car aujourd’hui, j’ai rendez-vous avec Vincent, un français passionnĂ© par la culture scandinave, qui vit Ă  Copenhague depuis plusieurs annĂ©es.

Et il m’a proposĂ© de m’emmener dans un endroit assez insolite : Absalon Church, une ancienne Ă©glise transformĂ©e en centre culturel, qui se situe dans le quartier de Vesterbro.

Rencontre avec Vincent, un francais installé à Copenhague

Avant de poser ses valises Ă  Copenhague, Vincent avait dĂ©jĂ  vĂ©cu Ă  Helsinki, Ă  Stockholm, et mĂȘme Ă  Guedbord en SuĂšde. Depuis l’adolescence, il cultive une vĂ©ritable fascination pour la Scandinavie. Il me raconte qu’à 12 ans, il est parti seul en colonie de vacances, sans connaĂźtre personne, pour un road trip d’un mois Ă  travers le Danemark, la NorvĂšge, la SuĂšde et un peu de Finlande. Un voyage fondateur, oĂč il a eu ce qu’il appelle un « coup de cƓur » pour les paysages norvĂ©giens, mais aussi pour cette sensation d’apaisement qu’il a ressentie en ville comme Ă  la campagne. Depuis, cet amour pour le nord ne l’a jamais quittĂ©.

Interview de vincent, un français expatrié à Copenhague

Je lui demande ce qui rend cette rĂ©gion si spĂ©ciale, ce qu’on entend vraiment par « art de vivre Ă  la scandinave ». Bien sĂ»r, on pense souvent au fameux modĂšle social nordique, la flexisĂ©curitĂ©, mais pour Vincent, c’est bien plus que ça. Il me parle de Copenhague comme d’une ville parfaitement Ă©quilibrĂ©e. Pas trop grande, pas trop petite. Riche en culture, mais pas Ă©touffante. Ce qui le sĂ©duit particuliĂšrement, c’est cette libertĂ© d’aller nager ou surfer dans la mer Ă  la pause dĂ©jeuner, l’étĂ©. Il emporte son maillot et sa serviette le matin en allant bosser Ă  vĂ©lo, et en 15 minutes, il est dans l’eau. Peu de villes en Europe permettent ce genre de luxe au quotidien.

Un autre point fort de la vie danoise selon lui : l’omniprĂ©sence de l’anglais, qui facilite l’intĂ©gration, mĂȘme si, il le prĂ©cise, ce n’est pas forcĂ©ment Ă©vident de se faire une vraie place dans la sociĂ©tĂ© danoise. En Scandinavie, les amitiĂ©s se forment trĂšs tĂŽt, souvent Ă  l’école ou Ă  la crĂšche, et ces liens durent toute la vie. Les cercles sociaux sont donc assez fermĂ©s, ce qui rend l’inclusion des expatriĂ©s plus complexe.

Une passion pour la patisserie danoise

Mais Vincent a trouvĂ© d’autres moyens de tisser des liens. Et parfois, ça passe par la pĂątisserie ! On parle Ă©videmment du fameux roulĂ© Ă  la cannelle – mĂȘme si, m’apprend-il, ce n’est pas une spĂ©cialitĂ© danoise, mais bien suĂ©doise. Lui prĂ©fĂšre les versions Ă  la cardamome, avec une brioche plus douce. Il me raconte que cette viennoiserie est devenue emblĂ©matique dans tout le Nord grĂące au roi de SuĂšde, qui l’avait dĂ©couverte via les routes d’épices et a voulu la retrouver dans chaque ville du royaume. Aujourd’hui, c’est un incontournable.

Et puis il y a cette expression danoise qui me fait trĂ©bucher : RĂždgrĂžd med flĂžde. Un dessert local, une sorte de porridge Ă  la crĂšme. C’est aussi un petit jeu auquel les Danois aiment soumettre les Ă©trangers : nous faire essayer de prononcer ces mots imprononçables, pleins de Ăž et de r roulĂ©s. Ils le font toujours avec un sourire, et un peu de bienveillance moqueuse. Je m’y essaie. Ce n’est pas fameux, mais j’ai bon espoir de m’amĂ©liorer.

On parle aussi gastronomioe, forcĂ©ment. Vincent n’est pas ce qu’il appelle un « foodie », mais il est clairement un gourmet. Ce qu’il aime ici, c’est cette attention portĂ©e Ă  l’écologie, jusque dans l’assiette. Les restaurants ont toujours des options vĂ©gĂ©tariennes. On sent une volontĂ© de rĂ©duire l’empreinte carbone, mais sans jamais que ce soit contraignant. MĂȘme si, au quotidien, la cuisine danoise n’est pas incroyable (beaucoup d’importations, peu de variĂ©tĂ©), les restaurants misent sur la qualitĂ©, l’esthĂ©tique, et le respect du produit. C’est d’ailleurs Ă  Copenhague qu’on trouve trois des cinq meilleurs restaurants au monde, dont le cĂ©lĂšbre Noma.

Un autre emblĂšme de la ville, c’est bien sĂ»r le vĂ©lo. Il y en a partout. LittĂ©ralement. Il y a plus de vĂ©los que d’habitants Ă  Copenhague. C’est un marqueur social, mais aussi un grand Ă©galisateur. Que l’on soit cadre ou ouvrier, tout le monde pĂ©dale dans les rues. Pour Vincent, c’est dĂ©sormais inconcevable de vivre dans une ville qui ne privilĂ©gie pas le vĂ©lo : la praticitĂ©, la sĂ©curitĂ©, la libertĂ© que ça offre sont devenues essentielles pour lui.

DĂ©couvrir l’Absalon Church Ă  Vestebro

Pour notre rencontre, Vincent m’a donnĂ© rendez-vous dans un lieu un peu Ă  part : l’Absalon Church, dans le quartier rĂ©habilitĂ© de Vesterbro. Cette ancienne Ă©glise a Ă©tĂ© transformĂ©e en un lieu communautaire par le fondateur de la marque Flying Tiger. On y trouve des cours de yoga, des ateliers de cuisine, des meet-ups. Et chaque soir Ă  18h pile (prĂ©cision danoise oblige), un dĂźner communautaire est servi sur de longues tablĂ©es. On s’installe Ă  cĂŽtĂ© d’inconnus. Les conversations commencent. Les cultures se mĂȘlent. C’est vivant, inclusif, chaleureux. Exactement ce que Vincent aime dans Copenhague.

Sur le chemin qui mĂšne Ă  l’Ă©glise, il me raconte qu’il apprĂ©cie particuliĂšrement cette dualitĂ© des saisons. L’hiver, tout le monde reste chez soi, dans une ambiance « hygge », cocooning, feu de cheminĂ©e et bouquin. Puis au retour des beaux jours, c’est tout l’inverse : les gens envahissent les parcs, les plages, les rues. Le rythme de la ville change complĂštement. En hiver, la nuit tombe Ă  15h. En Ă©tĂ©, Ă  23h. Le contraste est total.

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